Paru dans Libération, le 15 avril 2017

 

« Odile Mourtier, une riche héritière de 90 ans sans descendance, a décidé d’investir sa fortune dans une fondation musicale et dans le culte du compositeur Claude Vivier. Cette mélomane se passionne en particulier pour son œuvre Lonely Child. “Elle me fait penser au début de l’Évangile de Jean, une question de rythme plutôt que de mots.” Par pur hasard, elle achète un livre dans lequel elle reconnaît un bout de son histoire.

Le passage en question évoque les deux années qu’elle a passées à Troyes chez son grand-père paternel, pendant la guerre de 14. Cet officier de carrière avait ramené des montagnes de l’Atlas un enfant de 12 ans, Amazouz. Près de quatre-vingts ans après, les souvenirs se ravivent et elle se retrouve à chercher la postérité du petit Marocain chéri par son grand-père et mis dehors par sa mère. Les cartes de sa fin de vie se redistribuent. “Parce que je suis libre. Parce que je me sens comme quelqu’un qui a des dés en main et qui les lance.” Sur la faculté de ravauder le passé et de le transcender. »

(F.Rl
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